Démocratia - Aire urbaine Belfort / Montbéliard
-> Assemblée Générale 2008
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RAPPORT MORAL DU PRESIDENT

Entre des réunions agendas 21 qui se tiennent sur Belfort sans que nous soyons invités, de nombreuses initiatives participatives qui émergent dans le paysage local, il y a véritablement lieu de se poser la question du bien-fondé de notre existence. Triste avenir et en même temps victoire de nos idées que de constater notre inutilité. A l’image de nombreuses professions sociales à qui on indique que leur finalité est de préparer leur disparition, notre sort n’est-il pas le même ? Faire la promotion de la démocratie participative alors que celle-ci se déroule partout sous nos yeux n’a plus grand sens. Il ne reste toutefois qu’à s’assurer que les volontés présentées dans les discours aient un véritable contenu. En somme, nous n’avons jamais été aussi en avance sur notre temps avec l’idée de démocratie participative qu’en ce moment. Il en est de même de la notion de développement durable. Le plus difficile est de concilier les deux notions. C’est ce que nous nous évertuons à faire depuis presque deux ans à présent. Or, quelle est la prise que nous avons sur les institutions pour faire prendre conscience de la nécessité de la participation citoyenne sur les enjeux de développement durable ? Nous avons toujours dit que la parole du citoyen doit pouvoir peser sur les choix, y compris, ceux les plus empreints de scientificité. C’est ce que prônent des associations telles que sciences citoyennes qui considèrent que le citoyen possède une capacité d’expertise d’usage et doit avoir les moyens de la développer. L’expertise d’usage part du principe que chaque individu, en qualité d’usager de service ou de produit, peut développer un point de vue sur ce service ou ce produit. Ce point de vue est bien entendu subjectif mais il peut tendre vers l’objectivation lorsque l’expert d’usage par méfiance ou défiance de l’expert technique se forme et met en place un dispositif qui permet de discuter, compléter ou contredire une expertise quelconque. Un exemple permet de montrer l’intérêt de laisser une place à cette expertise d’usage, celui des débats citoyens autour des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) mis en œuvre par l’Office Parlementaire des Choix Scientifiques. En effet, les questions autour des O.G.M. « ne peuvent être tranchées scientifiquement du fait de l’incertitude : il n’existe ni théorie, ni protocole expérimental qui permette d’y apporter une réponse définitive. Mais quand bien même ce serait le cas, la science n’apporterait alors que des réponses partielles aux enjeux soulevés » (Bourg, Boy). Ce débat est axiologique dans le sens où le monde avec ou sans O.G.M. n’est plus le même. Il appelle à se poser toute une série d’autres questions du type : pouvons-nous choisir les aliments qui se trouvent dans nos assiettes ? Favorisons-nous la quantité ou la qualité ? Souhaitons-nous une diversité des paysages ? Les processus techniques sont-ils contrôlables ou non ? etc... Dans ce cadre, l’expertise d’usage du citoyen est nécessaire pour intégrer l’ensemble des éléments constitutifs de ce débat de société. Par ailleurs, les O.G.M. s’inscrivent dans de nombreuses situations de décision qui sont marquées par l’incertitude des connaissances sur les conséquences des décisions prises pour les maîtriser. Cette incertitude est autant politique et sociale (que l’on délègue traditionnellement à des représentants) que scientifique et technique (que l’on délègue traditionnellement à des experts). Les controverses sur les O.G.M., mais aussi sur la vache folle, l’enfouissement des déchets ultimes, les transports montrent que la distinction n’a désormais plus lieu d’être - prendre une décision dans ces domaines, avec toutes les conséquences présumées (mais largement inconnues), est autant une question sociale et politique qu’une question scientifique ou technique. Pour toutes ces raisons, nous avons encore un rôle à assumer en développant davantage notre slogan « pour une place du citoyen dans les initiatives de développement durable ».

Axel OTHELET Le 21/09/08

Rapport d’activités

Sur l’année 2008-2009, notre association Démocratia s’est engagée à différents niveaux dans la promotion de la démocratie participative. Elle a œuvré individuellement ou en partenariat dans l’organisation de plusieurs manifestations ou projets.

* Notre soirée de rentrée s’est placée sous le signe de la convivialité et de la réflexion ludique. En effet, pour traiter de la place du citoyen dans les initiatives de développement durable, nous nous étions armés d’un jeu interactif : le color-vote et d’un groupe de musique : l’homme hareng-nu. La soirée a connu un succès relatif du point de vue de la participation (une trentaine de personnes) mais a permis néanmoins un bon débat. Vous trouverez en annexe un compte-rendu imagé de cette soirée et vous pourrez trouver quelques extraits vidéo sur notre site democratia-belfort.org, rubrique vie de l’association.

* Les cafés pédagogiques : un véritable échec. Cette activité en lien avec IDEE, l’Université Populaire n’a jamais vu le jour, faute d’inscrit. Une première thématique portant sur l’éducation au développement durable était prévue avec Daniel Feurtey, conseiller pédagogique et Maire de Danjoutin au bistroquet. Seulement 4 personnes se sont inscrites, ce qui n’était pas suffisant pour envisager un débat sérieux.

* La « Démocratia Mobile » Inscrite dans le champ politique, Démocratia a poursuivi son projet lui permettant de participer à sa façon à la campagne des élections locales, sans esprit partisan. Cette année, c’est en vélo que nous sommes allés à la rencontre des habitants. Quatre jeunes, dont trois étudiants de l’Institut Supérieur Social de Mulhouse, en formation d’éducateur spécialisé 2ème année, ont animé ce projet. Il s’agit de Malika, Eric, Julie et Céline. (Voir en annexe le bilan de ce projet)

Au sein de notre réseau

* Participation de Françoise STORTZ, notre secrétaire aux troisièmes rencontres de l’éducation citoyenne 4 au 6 janvier 2008 à Grenoble organisées par le réseau des Ecoles de citoyens RECit. Ce rendez vous est un espace de rencontre, d’échange et de mutualisation des expériences entre les différents acteurs de l’éducation citoyenne en France et ailleurs. * Nous poursuivons notre collaboration avec la Maison de la Citoyenneté Mondiale de Mulhouse à travers la mise en œuvre sur la région Franche-Comté de la monnaie de l’économie sociale et solidaire, le Sol. Axel est particulièrement engagé dans ce projet qui est actuellement une expérimentation nationale sur 6 régions. Une structure porteuse, sûrement une SCOP devrait prendre le relais pour développer cette initiative à partir de janvier 2009. L’action de Démocratia s’arrêtera donc là.

* Enfin, Axel poursuit la représentation de Démocratia au sein du Conseil d’Administration de l’UNADEL (Union Nationale des Acteurs et des structures de Developpement Local) qui continue de se porter très mal.

Sur le plan de la communication :

Au-delà des articles classiques dans la presse locale Est Républicain et Pays*, notre association continue de communiquer grâce à son site internet, en ligne depuis octobre 2005. À ce jour, nous sommes à 5700 connexions, ce qui est relativement correct pour notre petite association.

PERSPECTIVES 2008 - 2009

* Soirée de rentrée portant sur l’impact et les limites du grenelle de l’environnement. Elle se tiendra à l’issue de cette Assemblée Générale et, dans l’esprit de Démocratia proposera à la population un débat contradictoire en présence du Député Michel Zumkeller et du Maire de Danjoutin, Daniel Feurtey.

* Evolution de nos cafés citoyens en cafés littéraires territoriaux en lien avec l’Université Populaire. Voici le texte envoyé pour le programme d’IDEE :

Qui n’a pas éprouvé le besoin d’échanger ses impressions sur un livre récemment lu, au même titre qu’un film ? L’IDEE et Démocratia vous proposent à travers ce café littéraire un espace d’échanges, de discussions, de présentation d’ouvrages littéraires et de rencontre éventuelle d’auteurs.

Ces cafés se tiendront le premier jeudi tous les deux mois à compter du mois d’octobre de 18h à 20h et devrait se déplacer sur différents lieux du Pays de l’Aire Urbaine.

La première séance a eu lieu la semaine dernière et a été animée par Françoise Stortz.

* Poursuite de la « Démocratia Mobile ». Et si nous envisagions une « Démocratia Mobile de l’Europe » en vue des élections européennes de 2009. Si nous faisons ce choix, il vaudrait dès à présent se mobiliser pour obtenir des financements européens.

* Poursuivre la promotion de la monnaie citoyenne Sol.

* Imaginer quelques temps de conférence avec le sociologue Alain Bihr sur la démocratie, le scientifique André Cicollela sur la place des citoyens dans la science, et une rencontre sur la désobéissance civique avec le philosophe Miguel Benasayag. Nous pourrions envisager un partenariat avec la Communauté de Communes du Pays Sous-Vosgien sur les thématiques du développement durable.

Bilan financier Du 12 septembre 2007 au 10 septembre 2008

Banque populaire Compte Chèque

Crédit au 12/09/2007 : 382,80

Banque Populaire Compte sur Livret Solde créditeur au 12/09/2007 Intérêts du Livret 50,28 Transfert vers le Compte chèques 750,00 Solde créditeur au 09/2008 : 1090,35

Le trésorier, Sylvain Gauthier