Démocratia - Aire urbaine Belfort / Montbéliard
-> Vers la mort du Plan de Développement Durable ?
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Notre projet P3D est à l’agonie. Son accompagnement technique et méthodologique coûte trop cher pour nos faibles finances associatives. La mobilisation s’en trouve amoindrie. Faut-il lutter deséspéremment pour tenter une micro-action dont l’impact sera nul ou s’avouer vaincu et se recentrer vers d’autres projets ? Je pense, malheureusement, qu’il va falloir opter pour la seconde solution. Il est vrai que ce projet n’est pas vital pour les associations partenaires, chacune ayant déjà beaucoup à faire dans ses différentes actions. En revanche, c’est dommage pour le sens de ce type d’initiative, car porteuse de développement local dans son processus ascendant, ce qui est très rare dans le Territoire de Belfort. Enfin, l’énergie récupérée par la mort de ce P3D sera bien évidemment renouvelée en vue d’autres projets. Cette expérience, encore une fois avortée, de tenter une initiative qui ne passerait pas par la main de fer des collectivités locales, m’invite à quelques réflexions*

Toute initiative citoyenne est bonne, surtout dans le domaine du développement durable nous dit-on ! Or, nous constatons souvent ici ou là que ces initiatives gênent, font de l’ombre, ne sont pas suffisamment cadrées... A qui doit-on donner raison ? Aux élus qui ont les moyens matériels et physiques de faire pour le bien - être de la communauté ou aux citoyens qui, souvent, ne souhaitent (avec leurs faibles moyens, mais leur détermination, leur courage, leur compétence) que les accompagner dans cette amélioration de la vie sociale de la population. Nous aurions tendance à dire qu’il faut donner raison aux deux. Or, souvent les élus seuls, souhaitent avoir raison. C’est particulièrement vrai dans notre région. Ils ne font que renforcer le paradoxal système qui est de dénoncer la montée des individualismes sans donner aux collectifs les moyens de s’organiser. Ainsi, tous ceux qui pensent que l’on ne peut agir, à nos modestes niveaux, pour la survie de la planète, se trouvent confortés dans cette pensée. Les idées d’interventions locales ne manquent pas, les conditions de leurs préparations et de leurs réalisations, en revanche, font cruellement défauts. Est-ce pour cela que la mobilisation sur les projets d’intérêt général fond à vue d’oeil ? Ou est-ce parce que la mobilisation n’a pas été suffisante que les pouvoirs publics croient bien faire en ne soutenant pas les initiatives citoyennes ? C’est sans doute le système, en tant que tel, qui est la cause de tout cela. Le citoyen ne se mobilise plus, considérant perdre son temps pour des projets qui n’intéressent pas ou plus . L’élu, de son côté, pris dans de multiples demandes doit faire des choix et se centrer sur les actions qui ont un réel impact, les fameuses réalisations concrètes. Réalisations dont le sens peut être discutable, mais l’important est ce qui se voit. Effectivement, si ce système perdure, alors il n’y a plus d’espoir pour que les espaces intermédiaires (entre l’individu et la société) soient des régulateurs de la vie sociale et, faute de combattant, les derniers courageux déposeront les armes de la démocratie. Ainsi, ne survivront que les fidèles représentants du peuple, dont la tendance va vers une sorte de totalitarisme et les technocrates pensant bien faire pour la population en faisant mine de l’écouter. En somme, cette vision utopique du mieux vivre ensemble conduira au bien vivre pour soi. Nous connaissons pertinemment le risque du repli sur soi qui mène au pire. Ce qui est pourtant antinomique avec des hommes politiques qui prônent tous (dans le discours au moins) l’importance du lien social. Quand j’écoute nos élus locaux, je me prends à rêver et je m’évade vers l’histoire du mouvement dont ils sont issus : le socialisme associationniste, utopique ; l’éducation populaire ; l’économie sociale... Enfin, revenons à la réalité, car cette histoire, malheureusement, ils l’ont définitivement oubliée.

Axel OTHELET

* Ces réflexions n’engagent bien évidemment que leur auteur.