I. Au commencement était Démocratia : La structure porteuse
A l’origine, Démocratia, association coordinatrice de ce projet avait comme objet de favoriser la démocratie et la citoyenneté, essentiellement à travers des activités de conférence afin d’accompagner chaque citoyen dans la compréhension du monde dans lequel il vit.
Depuis deux années environ, l’association s’est recentrée sur les logiques de démocratie participative en organisant principalement des temps de formation, des moments de débat citoyen sur différents objets...
Infléchir les projets de développement de territoire à travers le prisme durable demeure une de ces préoccupations majeures.
Démocratia participe en parallèle à des forums sur ces questions, lors de la dernière Université de Pays qui s’est tenue en Guadeloupe, l’association a considéré que le positionnement sur un plan décennal de développement durable entrait dans ses attributions à plusieurs niveaux :
le concept de développement durable, pris dans son acception large, c’est-à-dire intégrant les dimensions environnementales mais aussi économiques ne peut se concevoir sans l’action citoyenne. L’association s’inscrit complètement dans les deux courants fondateurs de la notion dans les années 60-70. Premier courant qui dénonce les déséquilibres mondiaux entre la croissance des pays développés et celle des pays dits du Sud. Second courant, écologique, qui introduit une critique de l’activité économique en termes de dégâts du progrès.
Ensuite, l’association considère que faire la promotion de la démocratie participative sans s’appuyer sur un objet formalisé atteint ses limites. Conduire une action de participation citoyenne autour d’un projet mobilisateur sur la question du développement durable qui reste, de notre point de vue, centrale permet en même temps de relancer et/ou de développer son projet associatif.
Déterminée à conduire ce projet à son terme, Démocratia a engagé un travail de mobilisation d’acteurs associatifs impliqués à différents niveaux sur le champ du développement durable. Certains sont impliqués de façon centrale sur ce champ, d’autres de manière périphérique. Pour répondre complètement aux « exigences » de l’appel à projet de validation par un élu local, quelques associations porteuses de la démarche ont choisi de se tourner vers le Président du Pays de l’Aire Urbaine. Ce dernier intéressé par l’initiative réserve sa décision, en fonction de la teneur du projet, dans un premier temps et en fonction de la décision du bureau du Syndicat Mixte du Pays, dans un second temps.
II. Puis très vite, le projet interpelle : Les associations partenaires
* Les Francas : L’association les Francas est un mouvement d’éducation dont les principales missions sont de développer le temps libre chez l’enfant et de former les accompagnateurs de ce temps libre. L’association accueille en moyenne 4000 enfants chaque année sur le département. Au milieu d’innombrables projets éducatifs et en accord avec le projet de la Fédération Nationale, l’association départementale du Territoire de Belfort initie, à plusieurs niveaux des actions portant sur le développement durable. Des actions ont déjà vu le jour dans le cadre des Centres de Loisirs Sans Hébergement (CLSH), d’autres sont en cours de réalisation, enfin quelques projets restent à réaliser dont celui de créer, en lien avec une commune de la couronne belfortaine, un centre de loisirs permanent thématique. Ce centre mêlera des initiatives de grande envergure sur la protection de la nature avec des idées moins ambitieuses, mais tout aussi efficace, dans l’équipement même de la structure (ampoules à économie d’énergie, chauffage solaire....).
* Gaïa Energies
Gaïa-Energies est une association créée en septembre 2000. De par son objet, l’association ne peut être qu’un partenaire privilégié de ce projet. Elle a pour but de promouvoir les énergies renouvelables et leurs applications dans le Nord Franche-Comté. Son action entend couvrir également la promotion de la maîtrise de l’énergie auprès du grand public et des organismes privés ou publics par des conseils, des conférences, des expositions, des études et leurs suivis.
Gaïa a des objectifs :
économiques : incitation à la création d’entreprises et de filières industrielles et donc d’emplois qualifiés pour l’installation, la maintenance et la production d’équipements dans le domaine des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie
d’information : participation au réseau d’information de proximité Espaces Info Energie, organisation de conférences, expositions, visite de sites ...
de formation : par exemple organisation de formation de personnel technique sur la région pour garantir l’installation et la maintenance des installations
d’encouragement à la recherche et au développement par le biais des établissements supérieurs locaux d’enseignement
de veille : sur les techniques utilisées et sur les applications dans le nord Franche-Comté
de conseils de choix techniques auprès des particuliers et des collectivités désirant investir, sans pour cela se substituer aux professionnels de telle ou telle technique
d’orientation sur les aides disponibles
* La Maison du Temps et de la Mobilité La Maison du Temps et de la Mobilité (MTM) est une association récente créée en juin 2001. Créée à l’initiative du Conseil Général suite à une démarche prospective - les carnets 2010 - la Maison du Temps s’inscrit dans la dynamique « temps et territoires » conduite par la DATAR. L’ambition de ce groupe de travail de la DATAR est de réfléchir aux nouvelles problématiques de la construction des territoires à travers le prisme de la temporalité. Pour cela, la MTM conduit des études sur les modalités de déplacements des habitants du Pays de l’Aire Urbaine, sur les horaires de travail, d’ouverture des commerces, sur les horaires des administrations, des écoles... dans un seul souci : voir comment s’entrechoquent ou se combinent les différents temps sociaux de chacun. A partir de ce diagnostic, l’association fait des propositions aux pouvoirs publics pour améliorer la qualité de vie des habitants (gardes d’enfants en horaires décalés, transport à la demande, mise en service de transport en commun à la sortie des boites de nuit...) Cette association a toute sa place dans la dynamique développement durable en ce sens que par son travail sur les mobilités, l’association a contribué à faire prendre conscience à la population de l’intérêt d’utiliser les transports en commun. Elle fait, par ailleurs, souvent la promotion du co-voiturage, du vélo dans la ville, notamment en proposant des locations ou des présentations de vélos à batterie. Enfin, la MTM possède un large réseau européen et est en lien fréquent avec les laboratoires de recherche travaillant sur la question des transports de demain (la pile à combustibles...)
* IDEE L’Institut pour le Développement l’Education et les Echanges (IDEE) est l’Université Populaire de Belfort. Forte de 1700 adhérents, cette association s’attache, entre autres, à contribuer à l’élévation des niveaux de formation et à la connaissance par les personnes de leur environnement culturel, scientifique et technique, à promouvoir le débat public et l’éducation du citoyen. Prise, comme de nombreuses Universités Populaires en France dans des enjeux de satisfaction de ses adhérents, elle est amenée à proposer à la fois des activités ludiques de développement personnel et des actions hétérogènes qui lui permettent d’équilibrer ou de « rentabiliser » les actions non rentables. Cependant, l’Université Populaire, dans ses traditions d’éducation populaire souhaiterait redéfinir globalement son projet et construire ses activités autour de pôles, à l’image de ce qui se fait dans d’autres Universités Populaires. Pôles qui se structurent sur les potentialités des territoires sur lesquels les UP sont implantées (histoire locale, économie locale, traditions, coutumes...) Le Territoire de Belfort, et plus globalement, le Pays de l’Aire Urbaine ont à la fois une histoire, une tradition et une économie fortement industrielles... plus précisément portées sur les énergies et sur les transports (train avec l’Alstom et automobile avec Peugeot) Cette tradition pose la question du développement durable à plusieurs niveaux. Le tout voiture, d’un côté, est-il encore plausible ? Cette logique posera manifestement la question de son utilisation dans les années à venir et de ses modes d’énergie puisque toutes les études nous disent que les réserves de pétrole sont estimées à 50 ans. Le tout énergie nucléaire, d’un autre côté, avec les risques décriés par ce mode d’énergie par les écologistes, mais aussi parce que les réserves d’uranium sont estimées à 260 ans environ. C’est, par ces prises de conscience, qui se développe sur le plan national, que les pouvoirs publics ont décidé d’investir dans l’avenir en finançant des laboratoires de recherche sur les énergies alternatives. Dans cette logique, IDEE pourrait positionner son projet de pôle autour de la question du développement durable et ainsi devenir le socle de notre projet. En effet, le thème de notre projet pourrait être d’inscrire le Pays de l’Aire Urbaine dans un pôle de compétences sur le développement durable citoyen.
Abordons à présent pourquoi un pôle de compétences sur ce Pays. Enfin, dans un dernier temps, voyons quelles actions pour ce pôle.
III. Sur un territoire : Le Pays de l’Aire Urbaine
Piloté par un Syndicat Mixte et présidé par Yves ACKERMANN, Président du Conseil Général du territoire de Belfort, le Pays de l’Aire Urbaine est un des plus grands de France. Avec un peu plus de 300 000 habitants, son territoire, à cheval sur trois départements, couvre l’ensemble du département du Territoire de Belfort, une partie du pays de Montbéliard (Doubs) et du pays d’Héricourt (Haute-Saône). Influencé par des relations historiques, le Pays de l’Aire Urbaine est une entité essentiellement urbaine, il se structure surtout autour de deux grands pôles industriels représentés par les entreprises Alstom sur Belfort et Peugeot sur Sochaux. La place de l’industrie automobile est tellement forte que, tout récemment, le Pays de l’Aire Urbaine s’est naturellement positionné comme pôle de compétitivité automobile pour répondre à l’appel à projets lancé par la DATAR. Animateur de nombreux projets, et possédant sur son territoire de nombreux équipements structurants (hôpital, universités, TGV (à venir), centres culturels, équipements sportifs de haut niveau...), le Pays tend, progressivement, à s’ancrer dans l’esprit des habitants de ce secteur géographique et dans l’esprit des acteurs politiques, associatifs..., qui, tentent d’intégrer, dans leurs actions respectives, la dimension Aire Urbaine. Dans l’esprit de la loi VOYNET, le Pays s’est doté d’un Conseil de Développement, dont, de l’avis de tous, n’est pas un espace ouvert pour la co-construction de projets de par son dimensionnement trop important (250 membres), c’est la raison pour laquelle, les associations souhaitant répondre à l’appel à projet ne pourront pas s’appuyer sur cet espace de débats. A moins que ce travail ne s’inscrive au sein d’une commission thématique. A moins que... initier un tel projet, fédérer les acteurs du Conseil de Développement sur la question du durable, permettre à ses membres de se saisir de questions ou encore de réaliser des actions peut inciter à re-dynamiser cette instance. Parce que les initiatives en matière de développement durable ne manquent pas dans ce Pays, osons ce travail. Ce qu’il manque, en réalité, est une valorisation de ces initiatives. C’est ce que nous proposons, entre autres, de faire globalement à travers ce projet.
IV. Avec quelques « idées en l’air » : La démarche
Nous sommes bien conscient que ce projet, quel que soit son ampleur, ne peut résoudre, sur son bout de territoire, les problèmes immenses posés par le modèle de développement actuel. La question du développement durable est planétaire. Cependant, à côté du protocole de Kyoto ou de n’importe quel sommet traitant de cette question ; à côté même de l’aspect très technique, scientifique, y compris même sur le plan local (laboratoires de recherche), nous pensons qu’il existe un espace citoyen. Un régime démocratique est la possibilité pour chaque citoyen de s’exprimer, de prendre des responsabilités ou de déléguer son pouvoir à des représentants qui, régulièrement sont soumis à son approbation. Ainsi, le citoyen possède un réel pouvoir d’infléchir des choix qui le concerne et qui concernent globalement l’humanité. C’est l’addition de ces volontés qui construisent la politique au sens originel du terme. Nous souhaitons tous un modèle de développement qui permette à chacun de manger à sa faim. Nous souhaitons tous (globalement) un modèle de développement qui ne fait pas courir de risques majeurs pour la santé humaine ou même la survie de l’espèce humaine. Pour cela, il faut que l’expertise d’usage du citoyen ait toute sa place aux côtés des expertises scientifiques qui le laissent, le plus souvent, dans la plus grande ignorance. Les experts ou encore les décideurs ne doivent pas oublier qu’ils sont avant tout des citoyens et c’est en additionnant cet ensemble que l’on trouve souvent les meilleures solutions pour le bien-être de l’humanité. Pour décider ensemble, il faut que chaque partie soit avertie des conséquences d’une décision. C’est dans cet esprit que nous souhaitons développer notre plan décennal.
Faire du Pays de l’Aire Urbaine un pôle de compétences de développement durable citoyen
Consécutivement à une première rencontre avec le Consultant Loïc DUTAY, notre plan décennal pourrait se décliner à travers les thématiques suivantes : alimentation, énergie, habitat, déchets et éducation. Les différentes actions qui n’ont rien d’exhaustives et ne sont en rien définitives ont ceci de commun qu’elles souhaitent faciliter la compréhension du citoyen élu ou non élu des enjeux du développement durable sur notre territoire. Elles ont un caractère pluriel et différentiel dans le temps. Tantôt ludique et grand public, tantôt plus académique et pour un public plus restreint. Enfin, elle s’appuie sur les compétences propres de chaque personne morale et physique partenaire de ce projet.
1) Intervenir en milieu scolaire L’éducation à l’énergie est un enjeu majeur de la lutte contre l’effet de serre. Notre génération a appris que l’énergie était propre, bon marché et inépuisable. Les citoyens de demain doivent apprendre que l’énergie aujourd’hui est précieuse, et qu’elle sera demain, rare et chère. Ils doivent donc acquérir dès aujourd’hui la notion de sobriété et adopter des comportements responsables. Par ailleurs, les jeunes sont particulièrement sensibles à ces sujets, ils sont capables de prendre certaines habitudes beaucoup plus facilement que les adultes et sont par conséquent un puissant levier pour interpeller les adultes qui les entourent. En s’exprimant sur les thèmes de l’énergie et des déplacements, les jeunes nous permettent souvent de constater qu’ils subissent certains choix de leur entourage, qu’ils souhaiteraient avoir d’autres habitudes mais qu’il leur manque le coup de pouce pour le mettre en place. La question des déplacements vers l’école est à cet égard exemplaire, beaucoup d’enfants aimeraient aller à l’école à pied ou à vélo, ils subissent fortement le stress engendré par l’automobile (bruit, énervements des parents, risque d’accidents) alors qu’on ne leur a généralement pas demandé leur avis. L’association Gaïa Energies, dont c’est une des missions, pourrait donc développer ses interventions dans les établissements primaires et secondaires.
2) Eduquer à l’environnement dans les centres de loisirs Face à un public jeune, futur adulte dirigeant et constructeur de la société de demain, nous faisons nôtre la définition du rapport Bruntland de 1987 : « un développement qui permet à la génération actuelle de répondre à des besoins sans pour autant compromettre la capacité des générations à venir de répondre aux leurs ». Il faut donc, dans ce contexte, apprendre à apprendre. Nous savons bien que les jeunes générations sont très attentives à ce domaine. Nous savons également qu’ils développent de nombreuses compétences pour « éduquer » les adultes à cette question. C’est la raison pour laquelle, il y a nécessité de mettre en œuvre avec eux, les outils de la compréhension, de la prise de conscience et même de l’invention technique (la préservation de l’environnement passe souvent par le bon sens !), pour faire des enfants les ambassadeurs de la sauvegarde de la planète. Ambassadeurs du respect de leur propre vie, mais également de la vie de leurs enfants, petits enfants... Interventions complémentaires à celle que nous proposons au sein du monde scolaire, il y a toute la place, à travers d’autres méthodes, pour exploiter des données techniques, scientifiques qui se développent aujourd’hui dans l’apprentissage scolaire. Le mouvement les Francas se situe bien dans ses missions lorsqu’il se préoccupe de l’environnement. Mouvement d’éducation populaire, il se veut être un intermédiaire, avec d’autres, entre l’individu et la société. Enfin, mouvement d’éducation portant les valeurs de la réduction des inégalités, il peut également introduire les dimensions du rapport de l’homme au développement économique. Avec toutes les difficultés à ne pas entrer dans un discours normatif, il semble nécessaire pour nous d’affirmer clairement que le modèle de développement actuel ne nous convient pas et que d’autres modèles existent et peuvent être amplifiés.
3) Informer et mettre en place des actions d’économies d’énergie dans le logement social Le budget "énergie" représente souvent une grosse part dans le budget des ménages à faibles revenus. D’autant plus que ces ménages occupent souvent des logements anciens, peu isolés et mal chauffés. Les organismes de logement social ont parfois tendance à se dégager de ces problématiques s’ils n’ont pas à subir les impayés (ce qui est le cas généralement lorsqu’il y a du chauffage individuel), ce sont donc les fournisseurs d’énergie qui les subissent (EDF et Gaz de France). Ces entreprises ont souvent des accords avec les collectivités qui alimentent un fonds de solidarité. La place accordée à la prévention (information des locataires et rénovation des logements) est particulièrement faible, du fait de la dispersion des responsabilités. La responsabilisation est souvent considérée comme impossible, ce que nous contestons. Elle est souvent un échec parce que la communication n’est pas adaptée au public. Des actions très ciblées, en collaboration avec les travailleurs sociaux pourraient être mises en place. Ce sont tout d’abord des formations à destination des travailleurs sociaux pour leur permettre de faire un travail de prévention. Dans un deuxième temps des actions de sensibilisation, en collaboration avec les bailleurs, pourraient être menées tout en agissant pour favoriser la rénovation et l’amélioration des logements les plus défavorisés. Une structure indépendante doit être choisie pour cibler les actions les plus importantes selon les cas (travaux d’isolation, changement d’énergie ou diversification, amélioration des systèmes de chauffage). Le point crucial dans ce domaine est d’associer toutes les personnes concernées, en premier lieu les locataires, et de trouver une stratégie de communication adaptée.
4) Accompagner les collectivités locales et territoriales Les collectivités locales (communes et leurs groupements en premier lieu) ont des compétences importantes dans le domaine de l’énergie. Même si cela a été délaissé depuis de nombreuses années, elles sont propriétaires des réseaux de distribution d’énergie. Elles ont donc tout pouvoir pour mettre en place des politiques locales de l’énergie, qui sont fondamentales dans la lutte contre le changement climatique. Une politique locale de l’énergie est au cœur d’une démarche de développement durable. En effet, produire et distribuer localement l’énergie permet de valoriser les ressources et le patrimoine naturel (forêts, eau, soleil) et permet de développer certaines technologies adaptées à un contexte particulier (méthanisation de déchets ménagers ou agricoles, chauffage urbain avec production d’électricité, ...). Produire de l’énergie localement est créateur d’emplois locaux et qualifiés, qui ne pourront être délocalisés. Par ailleurs, en considérant que les collectivités doivent être exemplaires dans la mise en place d’une démarche de développement durable, elles doivent être exemplaire dans l’utilisation de l’énergie dans leurs bâtiments. Cependant, on constate que l’information sur les énergies renouvelables est insuffisante, alors qu’il faudrait pouvoir intervenir avant chaque projet de construction ou de rénovation d’un bâtiment public, pour présenter les différentes possibilités offertes par les énergies renouvelables et proposer un accompagnement et des pré-diagnostics adaptés à chaque projet. Ce type d’accompagnement est prévu par les différents fournisseurs d’énergies conventionnelles et c’est lui qui généralement pèse le plus dans la balance lors des choix énergétiques. A l’image des travaux qui ont été conduits par un étudiant en stage dans une ville du Sud de la France, nous pourrions proposer une étude portant sur les économies d’énergies dans les collectivités locales et territoriales du Pays de l’Aire Urbaine. L’étude chiffrée conduite par cet étudiant montrait que les économies sur le budget municipal pouvaient s’élever, sommairement, à environ 70 000 euros (mise en place d’ampoules à basse consommation, extinction plus fréquente des luminaires, réduction de la consommation du papier...) Au-delà des économies financières pour la collectivité qui lui permettent de réinjecter cette part du budget sur d’autres initiatives, ce sont moins d’énergies consommées et des ressources supplémentaires pour les années à venir. Sur cette question, l’association Gaïa souhaiterait mettre en place un poste d’animateur pour les projets collectifs en énergies renouvelables (solaire thermique et bois énergie principalement). Sa tâche sera de faire de l’information et l’accompagnement des projets auprès des collectivités.
5) Mettre en œuvre des actions ludiques d’envergure A l’image des spots télévisés portant sur la sécurité routière, nous pensons que le message « alarmiste » peut avoir un impact non négligeable sur la population. Plus globalement, le message visuel, possède un effet qui ne se traduit pas forcément directement sur les pratiques, mais qui suscite une réflexion, des échanges et in fine, une prise de conscience. De nombreuses études scientifiques, que nous ne pouvons développer dans le cadre de ce projet, mais qui seront reprises dans la réalisation de celui-ci, montrent clairement que le temps est à la fois à la prise de conscience, mais aussi à l’action. Or, pour passer à l’action, il faut être sensibiliser, informer sur ce que chacun, à son niveau, peut faire. Pour cela, nous proposons, en nous appuyant sur des compétences locales (associations, ou personnes physiques) de lancer un concours du court métrage sur le développement durable. Les modalités de conception et de réalisation sont encore à imaginer. Il pourrait se construire en lien avec les collèges, lycées ; avec des réalisateurs locaux, en partenariat avec les salles de cinéma du Pays de l’Aire Urbaine ou encore les médiathèques... Nous proposons également de concevoir une comédie musicale sur le rapport entre l’homme et la nature, à l’image d’un projet qui est en cours de réalisation sur le Territoire de Belfort sur le thème de la toxicomanie. Nous nous appuierons sur les compétences de la personne qui porte le projet et développerons un partenariat avec les associations musicales présentes au sein du Pays. Ces deux projets pourront être éventuellement coordonnés par Démocratia, IDEE et les Francas.
6) Favoriser les forums sur le développement durable La notion de développement durable est complexe. Elle fait appel à de nombreux champs et est l’occasion de nombreux débats experts à tous les niveaux. Pour y voir plus clair en s’inscrivant complètement dans les missions de citoyenneté de l’Université Populaire IDEE, nous proposons de concevoir des temps de forums vulgarisés s’adressant à l’ensemble de la population. Plusieurs regards pourront être portés sur cette notion : le regard de la technique, de l’ingénierie et plus globalement le regard économique, sociologique, et philosophique. Plus concrètement, nous proposerons des interventions pratiques sur les consommations domestiques et les différentes économies d’énergie que chaque ménage, au sein de son foyer, peut réaliser. Il nous semble que partir de l’intérêt particulier est le bonne méthode pour une prise de conscience de l’intérêt général et transformer ainsi les habitudes et les pratiques de vie de chaque individu.
7) Développer des synergies entre les acteurs de l’économie solidaire et celui de l’environnement Le Pays de l’Aire Urbaine a vu la naissance, il y a trois ans, d’une association dont la volonté était de fédérer les acteurs des champs du développement durable et de l’économie sociale et solidaire. En raison d’un défaut de financement public, elle n’a pu assumer seule, ses différentes charges, notamment liée à l’emploi d’une chargée de mission. Or, de l’avis de nombreux anciens membres de cette structure, le projet de création d’une nouvelle entité sur d’autres bases est à imaginer. Cette éventualité pourrait s’inscrire dans le plan décennal. Nous devons au sein de ce plan introduire la notion d’économie solidaire qui s’inscrit pleinement dans les problématiques de développement durable. Susciter la création de SEL (Systèmes d’Echanges Locaux), de CIGALES (Clubs d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Epargne Solidaire) ; encourager les coopérations avec les Pays d’Amérique du Sud sur le commerce équitable... pourraient être des actions conduites par cette nouvelle entité associative sur le Pays de l’Aire Urbaine.
8) Mettre en lien les initiatives Comme nous le rappelons plus haut, les initiatives en matière de développement durable ne manquent pas sur notre territoire. Il est déploré, en revanche, une insuffisance de communication, de valorisation de ces initiatives. Notre projet pourrait inclure la mise en forme d’un « journal des initiatives » pour relater et amplifier les actions citoyennes et les programmes plus scientifiques ou techniques. Cette liaison formelle autour d’un journal permettrait de construire un réseau reliant les laboratoires de recherche, les entreprises et les associations. En imaginant même la possibilité de co-construire des projets ensemble sur les années à venir. La structure porteuse de ce journal des initiatives reste à définir.
Ce projet s’inscrit dans la durée (décennal). Il est donc nécessairement évolutif tant dans sa forme que dans son contenu. En effet, de nouvelles propositions d’actions pourront voir le jour en fonction d’un changement de contexte, mais aussi en fonction de l’arrivée éventuelle de nouveaux partenaires intéressés par la démarche. Le plan décennal s’inscrit bien dans une dimension prospective. Cependant, en matière de développement durable, tout n’est pas prévisible. Il existe et existera des obligations d’adaptation de l’homme en fonction d’un mode de développement qui s’accélère toujours plus et dont les conséquences ne sont pas toutes mesurables aujourd’hui.
« Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis » André GIDE (1869 - 1951)